#1film1clap1mot (Synthèse)

Je regroupe dans ce billet de blog les photos que j’ai postées uniquement sur Twitter.

  • Cinderella (Cendrillon) de Kenneth Branagh sortait le 25 mars en France en 2015 (avec Cate Blanchett), 75 ans après le dessin animé sorti en 1950.

CINDERELLA

  • Le 25 mai 1982 sortait sur les écrans Les fantômes du chapelier de Claude Chabrol avec Michel Serrault… D’après Georges Simenon.

L’adaptation la plus fidèle à Simenon qu’on ait jamais faite (Claude Chabrol)

96 pages correspondent à peu près à 1h50 de film

J’écris sans ratures car j’ai le sentiment que si je fais des ratures, elles vont se retrouver sur l’écran

  • Le 13 juin 1957 sortait Le prince et la danseuse (The Prince And The Showgirl) de et avec Laurence Olivier et Marilyn Monroe. D’après la pièce The Sleeping Prince de Terence Rattigan (allusion à La belle au bois dormant de Charles Perrault : Sleeping beauty). Le titre a changé entre le tournage et la sortie du film, comme cela arrive souvent, surtout quand il s’agit d’une adaptation.

Art is a little bit larger than life – it’s an exhalation of life and I think you probably need a little touch of madness (Laurence Olivier)

13-06-1957-MonroePrinceAndShowgirl

  • Le 18 mai 2016 sortait en France Julieta de Pedro Almodóvar avec Emma Suárez et Adriana Ugarte. D’après une nouvelle d’Alice Munro (Silence ; d’où le titre sur la clap de tournage).

El silencio del título hace referencia al de la madre primero y al de la hija después (Pedro Almodóvar)

18-05-2016-AlmodovarJulieta-Silencio

  • La planète des singes (Planet of the Apes) sortait le 25 avril en France en 1968. Réalisation de Franklin J. Schaffner, d’après le roman de Pierre Boulle.

A planet where apes evolved from men? There’s got to be an answer

25-04-1968-PlanèteDesSinges

  • The Misfits (Les désaxés) de John Huston, d’après le scénario d’Arthur Miller, sortait en France le 19 avril en 1961.

Hollywood has always been a cage… a cage to catch our dreams (John Huston)

19-04-1961-The Misfits

  • Le 8 avril 1987, Angel Heart d’Alan Parker rencontrait en France Louis Cyphre.

The enigmatic character of Louis Cyphre (Lucifer) was certainly larger than life, but my intention throughout was always to treat the gentleman and the whole story as totally real. (Alan Parker)

  • African Queen de John Huston, avec Humphrey Bogart et Katharine Hepburn, sortait le 26 mars 1952 en France.

[mots et images] se complètent entre les mains d’un bon artisan (John Huston)

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  • Shutter Island sortait le 24 février 2010. De Martin Scorcese, Richard Richardson à la photographie et avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo…

Quel serait le pire : vivre comme un monstre ou mourir en homme bien ? (Teddy Daniels, personnage joué par DiCaprio)

  • Masques, film de Claude Chabrol, sortait le 11 février 1987. Avec Philippe Noiret et Robin Renucci.

Il existe quelques règles de mise en scène, comme il existe des règles de grammaire. Connaître la grammaire ne fait pas de vous un Victor Hugo, le même raisonnement vaut pour le cinéma (Claude Chabrol)

  • Le 05 février 2014 sortait en France American Hustle de David O. Russell. (titre original que je préfère au titre français en… anglais ! : American Bluff). Avec notamment Christian Bale.

J’aurais pu les regarder comme cyniques, comme des malades mentaux… Mais je ne vois pas les choses comme ça.

Plus la situation est périlleuse, plus la complexité des personnalités pourra se déployer…. Ce qui m’intéresse, c’est la sincérité de ces gens, leur humanité, leurs émotions. C’est le fondement de mon cinéma (David O. Russell)

[Script – Ouverture du film] « IRVING ROSENFELD, not a small man, gets dressed and meticulously constructs his combover. Camera WRAPS AROUND, see his hands with rings adjust his darkvelvet suit, up to his face, serious, concentrated, intense, he is composing himself before a performance »

 05-02-2014-american-hustle2

 

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I love dogs en VO (Wes Anderson)

L’homophonie (similitude de prononciation) entre Isle of Dogs et I Love Dogs permet de souligner le plaidoyer du film plutôt que son réquisitoire écolo-politique. Elle ne fonctionne en revanche ni en français ni en japonais (« Inu ga shima »). Je parle de ce film parce qu’il est singulier du point de vue linguistique. Wes Anderson donne toujours aux spectateurs une version originale de sa pensée.

Une parabole : animalité humaine / humanité animale

Wes Anderson se défend d’avoir voulu faire un film métaphorique (anthropomorphe) et préfère parler de comparaisons. Le film, qui se déroule dans un Japon rétrofuturiste, raconte les mésaventures de la population canine que le maire d’une ville cherche à éliminer sous un faux prétexte en l’exilant sur une île poubelle. Son neveu, Atari, va chercher à récupérer son chien (Spots) avec l’aide d’autres chiens et à contrer par la même occasion le destin funeste qui les attend, aidé en cela par des étudiants (dont une américaine).

Il existe des similitudes entre ce film et Fantastic Mr. Fox (2009).

Les humains (adultes) y sont cruels ; Fox est mutilé comme le sont les héros de L’île aux chiens (y compris le jeune Atari) ; il s’identifie par un sifflement et un claquement des dents comme une chanson sifflée est signe de reconnaissance entre le jeune Atari et les chiens. Mais alors que les animaux de Fox (renards, rats et blaireaux) cherchent à retrouver leur nature « sauvage » pour survivre, les chiens (y compris le plus rebelle et mordant, Chief) veulent retrouver leurs places aux côtés de leurs maîtres. L’île aux chiens est moins inventif, moins virevoltant et plus silencieux. West Side Story a laissé la place aux 7 samouraïs.

Une nouvelle politique filmo-linguistique : « I wish somebody spoke his language »

Les spectateurs sont prévenus par un carton au tout début du film : les chiens parlent anglais (français pour la VF) ; tous les personnages humains parlent leurs langues (Greta Gerwig, qui prête sa voix à l’étudiante américaine, double aussi la VF) ; seuls les dialogues des personnages japonais ne sont pas doublés ou sous-titrés mais un traducteur humain (voix de Frances McDormand ou d’Isabelle Huppert) ou technologique est parfois utilisé. IOD TraductriceLe titre ainsi que les crédits sont en anglais et en japonais. Wes Anderson et son coscénariste japonais (Kunichi Nomura) ont une approche donc peu conventionnelle des langues. Les chiens ne comprennent pas Atari dans un premier temps comme les spectateurs ne sont pas censés le comprendre. La magie du cinéma fait qu’ils arrivent toutefois à se traduire et dialoguer très rapidement. Le cinéaste s’en explique :

Ça ne m’emballait pas trop d’utiliser des sous-titres… Quand on lit des sous-titres, on a tendance à être complètement focalisé dessus tout au long du film, et on n’écoute pas vraiment ce qui est dit. La sphère linguistique de notre cerveau est concentrée sur le texte. Mais en faisant parler les personnages en japonais sans utiliser de sous-titres, j’ai voulu qu’on les écoute parler dans leur langue. Certes, on ne comprend pas le sens de ce qu’ils disent, mais on perçoit les émotions.

Il a privilégié les sonorités de la langue japonaise (comme l’accent américain dans la VF) pour transmettre essentiellement des émotions (colère ou tristesse).

Pourquoi teniez-vous à ce que tous les personnages japonais parlent dans leur langue, sans être doublés ?

Parce que je voulais que ça sonne comme un film de Kurosawa et n’avais pas envie que le film soit sous-titré, alors je me suis amusé à trouver différentes manières de mettre en scène la traduction du japonais. Je voulais aussi qu’il y ait beaucoup de japonais écrit qui apparaisse à l’écran, que ça fasse partie du graphisme du film.

Le graphisme, dont l’écriture, tient une grande place dans tous les films de Wes Anderson.

Nous voulions garder la langue japonaise et la traduire la moins possible, parce qu’à mesure qu’on faisait le film, en écoutant les acteurs japonais, on constatait à quel point le sens passait sans avoir besoin de sous-titres. [ … ] On ne parle pas un mot de japonais, mais c’est une langue particulière pour nous, parce qu’on a regardé tellement de films japonais que la langue nous est devenue familière. (Trois couleurs)

Le sens se déduit aussi du non verbal, c’est-à-dire des images. Le cinéaste a choisi de ne pas traduire ou sous-titrer ce que disent les personnages japonnais pour recréer chez le spectateur l’expérience d’être dans un pays étranger dont on ne connaît pas la langue. On fait alors plus attention aux détails visuels. Continuer à lire … « I love dogs en VO (Wes Anderson) »

Répliques des réalisateurs : bilan (6)

Des cinéastes se sont prêtés au jeu du questionnaire cinéphile de Télérama (et d’Arte) en répondant notamment à la question « Une réplique que vous connaissez par cœur, qui vous reste en tête ». Ces répliques ont fait l’objet de cinq billets et il est temps d’en faire le bilan dans celui-ci.

MorganRéplique
« L’actrice : (…) Je lis ma réplique d’avance dans les yeux de mon partenaire (Paul Claudel, Le soulier de satin, 1929, 4e journée, 6, p. 886).

Qui cite qui ?

61 cinéastes (dont 2 femmes, Claire Simon et Solveig Anspach) ont répondu à la question. Parmi eux, 20 français, 11 américains, 4 anglais, 3 japonais, 3 allemands, 2 canadiens, et 1 représentant roumain, italien, néerlandais, catalan, portugais, belge, tunisien, malien, chilien, philippin, haïtien, israélien, russe, chinois, hongkongais, singapourien, thaïlandais. Les autocitations sont rares (Patrice Chéreau, Joe Dante, Norman Jewison, Todd Solondz). Chacun en revanche puise dans la doxa ou le patrimoine cinématographique qu’il connaît et qui fait autorité à un moment donné, dans le pays dans lequel il vit ou réalise. Par ethnocentrisme normal, les cinéastes américains retiennent des répliques de films américains, tout comme les cinéastes japonais ou français mais dans une moindre proportion : 13 d’entre eux citent des films français. Ces derniers représentent 20 % des citations. L’influence du cinéma américain sur les représentations et imaginaires filmiques des non-américains est indéniable sans être écrasante (36 films cités sont anglo-américains). Mais elle n’est pas réciproque.

Qui est le plus cité ?

Ce qui ressort des billets précédents est la grande variété des réponses. Les répliques citées plus d’une fois sont peu nombreuses. Le réalisateur le plus cité est Martin Scorsese (six mentions) au travers de Robert De Niro : sept mentions dont six renvoient à la fameuse réplique de Taxi Driver. Parmi les réalisateurs français, Jean Renoir et Marcel Carné (à travers Jacques Prévert) font jeu égal avec quatre mentions chacun : La règle du jeu (2x mais des répliques différentes), La bête humaine, Toni pour Renoir ; Le jour se lève (2x mais répliques différentes), Les enfants du paradis, Quai des brumes, pour Carné. Ils représentent ce que l’on appelle l’âge d’or du cinéma français. Woody Allen, Michael Curtiz, Howard Hawks, Joseph L. Mankiewicz et Don Siegle sont cités quant à eux deux fois.

Le culte de la réplique culte

C’est dans l’air du temps médiatique dans tous les champs sociaux. La réplique dite culte est un énoncé souvent court qu’un spectateur n’oublie pas parce qu’il est repris et répété (aidé en cela par les médias) par de nombreuses personnes, parfois de génération en génération, tel quel ou sous une autre forme (détournement). En ce sens, la citation est aussi une façon de s’approprier un film (comme toute œuvre) à partir de ses aphorismes (énoncés résumant, à l’aide de quelques mots significatifs et faciles à mémoriser, l’essentiel d’un film). Sept répliques citées sont assez logiquement les dernières du film (Fight Club, American Beauty, Le plaisir, Une poule dans le vent, Le parrain, Pickpocket, Casablanca), la fin étant souvent un point d’orgue mémorable.

En 2005, l’American Film Institute a publié un Top 100 des répliques du cinéma américain choisies par 1500 professionnels du cinéma (réalisateurs, acteurs, historiens, enseignants, journalistes). 11 répliques citées figurent dans ce classement mais pas dans le même ordre d’importance. Par exemple, la réplique la plus citée de Travis Bickle (Robert DeNiro : « You talkin’ to me ? »), par Eric Khoo, Gaspar Noé, Pen-ek Ratanaruang, Johnnie To et Lou Ye, est classée 10e (9e dans le Top 10 de The Guinness Book of Film) ; Celle de Margo Channing (Bette Davis : « Fasten your seatbelts. It’s going to be a bumpy night »), citée 2 fois par John Boorman et William Friedkin, est classée 9; la réplique de Harry Callahan (Clint Eastwood dans L’inspecteur Harry), citée 2 fois par Werner Herzog et Ben Wheatley est 51e. La réplique de Marlon Brandon « I could’ve been a contender » citée une fois par Fatih Akin est classée 3e.

Choix singuliers et communs

Les cinéastes ne sont pas des spectateurs comme les autres. Plusieurs avouent ne pas se souvenir des répliques et se contentent certainement de la plus commune et médiatisée (facilement restituable) qui n’est pas forcément celle qui fait référence dans leur travail. Les films cités sont aussi pour la plupart des drames alors que les répliques retenues par les spectateurs (le « grand public ») et diffusées dans les médias sont surtout des comédies, des dialogues humoristiques. Autrement dit, la réplique retenue peut ne pas correspondre à celle qui est communément considérée comme culte, même si j’ai pu trouver les vidéos de la plupart des 61 citations (surtout américaines). Ce n’est pas la réplique « T’as d’beaux yeux, tu sais. » qui est retenue dans Quai des brumes. Il ne s’agit pas de porter un jugement de valeur (de « cu-cultes ») mais de souligner l’arbitrarité sociologique des répliques « cultes ».

Les citations cinéphiles, verbales ou visuelles, qui sont des formes d’hommage (même dans la parodie), ne sont pas rares au sein des films. Ici, il s’agissait de faire appel à la mémoire des cinéastes dont les œuvres ne peuvent manquer de se nourrir de celles de leurs confrères, contemporains ou non. Le langage, à travers les dialogues, fait partie de cet héritage cinématographique.

Les répliques retenues par des réalisateurs (5)

Quelles sont les répliques de films qu’ont en mémoire les réalisateurs ?

La liste alphabétique se termine par 13 d’entre eux, interviewés par Télérama (et ARTE pour l’un). J’en ferai le bilan dans un prochain billet.

R-Y

Pen-ek Ratanaruang

« Are you talking to me ? »

[Taxi Driver, Martin Scorsese, 1976 ; Voir Eric Khoo, billet 3]

Marc Recha

« C’est pas mal, un beau mariage, c’est presque aussi bien qu’un bel enterrement. » Et tous les dialogues de Toni, de Jean Renoir. C’est une langue merveilleuse, spontanée, authentique, magique, poétique. Et c’est un film d’une actualité extraordinaire, sur l’immigration, le mélange, les gens qui traversent la frontière pour travailler. J’adore Renoir. C’est comme une source au milieu de la forêt, c’est un cinéma d’une grande fraîcheur, qui nous aide à comprendre le cinéma et les hommes.

[Toni, 1935 ; Scénario de Jean Renoir, Carl Einstein d’après une idée de Jacques Levert inspirée d’un fait-divers survenu à Martigues ; Marcel Pagnol, producteur, a peut-être contribué à certains dialogues]

Toni
Celia Montalván et Charles Blavette

Nicolas Winding Refn

« Je suis si cool que ça fait mal » (« I am so hip it hurts »), dans Le Baiser papillon, de Hy Averback.

[1968, I love you, Alice B. Toklas ! ; Scénario de Paul Mazursky et Larry Tucker, avec Peter Sellers]

Volker Schlöndorff

Dans La Poursuite infernale, de John Ford. Henry Fonda, au barman : « As-tu déjà été amoureux, Mac ? » « Je ne sais pas, j’ai été barman toute ma vie. »

[1946, My Darling Clementine, scénario de Samuel G. Engel et Winston Miller]

Wyatt Earp: Mac, you ever been in love?

Mac: No, I’ve been a bartender all me life.

Claire Simon

« Moi, les femmes, que ce soit pour les avoir, pour les quitter ou pour les garder, j’essaie d’abord de les faire rigoler, quand une femme rigole, elle est désarmée, vous en faites ce que vous voulez. » dans La Règle du jeu, de Jean Renoir.

[1939, scénario et dialogue de Jean Renoir, avec la collaboration de Carl Koch ; voir aussi Nicolas Boukhrief, billet 1].

Réplique à 3:48, dite par Marceau le braconnier, joué par Julien Carette

Todd Solondz

C’est difficile. Je sens que je vais rater cet examen. Je n’arrive pas à me souvenir des répliques des films que j’aime. Il y en a quand même une qui me vient à l’esprit, je ne sais pas pourquoi. C’est dans un de mes films, Happiness, quand une des sœurs dit à l’autre : « Je ne ris pas de toi, je ris avec toi ».

[1998]

Helen Jordan: I’m not laughing at you, I’m laughing with you.

Joy Jordan: But I’m not laughing.

Continuer à lire … « Les répliques retenues par des réalisateurs (5) »

Les répliques retenues par des réalisateurs (4)

Quatrième partie consacrée aux dialogues de films que les cinéastes interviewés par Télérama ont retenus au moment où la question « Une réplique que vous connaissez par cœur, qui vous reste en tête ? » leur était posée.

M-P

Guy Maddin

N’importe quelle réplique de Burt Lancaster dans Sweet Smell of success. « I’d hate to take a bite out of you, you’re a cookie full of arsenic ».

[Le grand chantage, Alexander Mackendrick, 1957 ; Même choix que Barry Levinson]

Brillante Mendoza

« I’ll never let go Jack, I promise »

[Titanic, réalisation et scénario de James Cameron, 1997].

Nikita Mikhalkhov

A la fin du Parrain, AL Pacino dit à Diane Keaton qu’elle peut l’interroger une dernière fois sur ses activités et elle lui demande s’il a tué. J’ai « volé » ces répliques, presque mot pour mot, pour un de mes films, Les Yeux noirs, où la femme du personnage de Marcello Mastroianni lui demande s’il l’a trompé.

[The Godfather, Francis Ford Coppola, 1972 ; Scénario de Mario Puzo et Francis Ford Coppola, d’après le roman éponyme de Mario Puzo]

Luc Moullet

Les dialogues de Run Of The Arrow (« Le jugement des flèches »), de Samuel Fuller (1957).

[Scénario de Samuel Fuller]

  • Blue Buffalo [Charles Bronson] : [addressing the village] He wants to become a Sioux. To take Yellow Moccasin as his squaw and to adopt Silent Tongue as their son. But his skin is enemy!
  • Pvt. O’Meara, 6th Virginia Volunteers Sharpshooter [Rod Steiger] : I’m not an American.
  • Blue Buffalo: But your skin is white!
  • Pvt. O’Meara, 6th Virginia Volunteers Sharpshooter: But my heart is with the Sioux.
  • Blue Buffalo: Why?
  • Pvt. O’Meara, 6th Virginia Volunteers Sharpshooter: Because I love your people. I’ve learn from Yellow Moccasin that a man cannot live alone. he must have allegiance to a people… to a nation. In my heart my nation is Sioux.
  • Blue Buffalo: Would you kill the Americans in battle?
  • Pvt. O’Meara, 6th Virginia Volunteers Sharpshooter: [pauses for a moment] Yes.
  • Blue Buffalo: Are there any objections?
  • [waits for a reply, there is none]
  • Blue Buffalo: Mix the blood!
  • Pvt. O’Meara, 6th Virginia Volunteers Sharpshooter: Before you mix the blood, I must speak of my faith.
  • Blue Buffalo: Faith? What do you mean?
  • Pvt. O’Meara, 6th Virginia Volunteers Sharpshooter: I’m a Christian. I will live as a Sioux… I will hunt as a Sioux… I will fight and I will even die as a Sioux. But my God is a Christian God. I can’t serve your greater spirit.
  • Blue Buffalo: We respect a man who respects his faith. This God of yours is He… the giver and creator of all life? Do you look to Him for the cure of disease and illness to make you strong and healthy?
  • Pvt. O’Meara, 6th Virginia Volunteers Sharpshooter: I do. Yes.
  • Blue Buffalo: How many Gods do you serve? Do you have more than One?
  • Pvt. O’Meara, 6th Virginia Volunteers Sharpshooter: No, no. Just one.
  • Blue Buffalo: Just one. Americans, are they all Christians?
  • Pvt. O’Meara, 6th Virginia Volunteers Sharpshooter: No, some are and some are other denominations like your religions.
  • Blue Buffalo: You are a Christian? Will you kill Christians in battle?
  • Pvt. O’Meara, 6th Virginia Volunteers Sharpshooter: [pauses] Well… my nation… fought… for liberty against the United States… And Christianity is always the brother of liberty in all wars.
  • Blue Buffalo: We have the same God but a different name… Mix the blood!

[Source : IMDb]

Cristian Mungiu

« Que la force soit avec toi, Luke ! »

[May the Force be with you ; Maître Yoda à Luke Skywalker dans les 6 épisodes de Star Wars, Georges Lucas, 1977]

Continuer à lire … « Les répliques retenues par des réalisateurs (4) »

Les répliques retenues par des réalisateurs (3)

Troisième partie consacrée aux répliques (mots, phrases, dialogues) que les cinéastes interviewés par Télérama ont retenues au moment où leur était posée la question : « Une réplique que vous connaissez par cœur, qui vous reste en tête ? ».

G-L

Tony Gatlif

Pour moi, les meilleures répliques de tous les temps ont été inventées par le cinéma français : les films de Jacques Prévert, Jean Aurenche, Michel Audiard. Il n’y a pas d’équivalent dans d’autres pays. Tout est réplique. C’est du cinéma construit autour des dialogues. Je pense à une réplique dans Le jour se lève, de Marcel Carné, un des plus grands films sur la résistance française, réalisé à une époque où la moitié de la France était collabo. Dialogues de Jacques Prévert. Jean Gabin et Jules Berry font du ping-pong verbal. Et Gabin dit à Berry : « T’as une petite tête et t’as beaucoup d’idées, c’est pour ça que ça déborde.

[1939 ; Scénario de Jacques Viot]

Alain Gomis (Questionnaire cinéphile d’ARTE)

« Tiens ta bougie droite » dans Marie Martine d’Albert Valentin. Le personnage de Saturnin Fabre (un magnifique acteur) n’a pas l’électricité, Bernard Blier lui rend visite et ils tiennent chacun une bougie dans la main. Et Saturnin Fabre n’arrête pas de dire à son invité « tiens ta bougie droite ! ».

[1943 ; Scénario, adaptation et dialogues de Jacques Viot (Selon certaines sources, Jacques Viot aurait fourni un synopsis et Jean Anouilh en aurait tiré scénario et dialogues)]

Robert Guédiguian

« Le bonheur n’est pas gai », dans Le Plaisir, de Max Ophüls.

[1952 ; Dialogues de Jacques Natanson ; Dernière phrase du film, extraite de la nouvelle de Guy de Maupassant, Le modèle]

(Vidéo postée par Le rayon spécial)

Werner Herzog

Je ne connais aucun film par cœur, je dois en voir trois ou quatre par an. Et il est très rare que je revois un film. Je préfère les livres. Cela dit, je connais la fameuse réplique de Dirty Harry quand il pointe son Magnum sur le méchant et lui demande s’il pense qu’il reste une balle : « Do I feel lucky ? ». C’est triste de constater à quel point Clint Eastwood est devenu un vieux monsieur. Il n’aurait pas dû vieillir.

[Don Siegel, 1971 ; Dialogues de Harry Julian Fink, Rita M. Fink, Dean Riesner d’après une histoire de Harry Julian Fink, R.M. Fink, Jo Heims]

[Harry Callahan (Clint Eastwood) : « I know what you’re thinking. ‘Did he fire six shots or only five?’ Well, to tell you the truth, in all this excitement I’ve kinda lost track myself. But being this is a .44 Magnum, the most powerful handgun in the world, and would blow your head clean off, you’ve got to ask yourself one question: ‘Do I feel lucky?’ Well, do ya, punk ? »

« Je sais ce que tu penses : « Est-ce qu’il a tiré six fois ou seulement cinq ? » En fait, pour te dire la vérité, dans tout ce bordel, j’ai perdu le compte moi aussi. Mais ceci est un 44 Magnum, le plus puissant soufflant jamais créé au monde, un calibre à vous arracher la tête. Tu ne dois te poser qu’une question : « Est-ce que je suis chanceux ? » Alors, ordure, tu l’es ou pas ?]

Mamoru Hosoda

« Je comprends. Et j’accepte votre sacrifice », une phrase du personnage joué par Takashi Shimura dans Les Sept Samouraï.

[Akira Kurosawa, 1954 ; Scénario de Akira Kurosawa, Shinobu Hashimoto et Hideo Oguni ; Takashi Shimura jouait Kanbei Shimada, 島田勘兵衛, le sensei, chef des samouraïs, ou tateyaku]

Jean-Pierre Jeunet

« J’aime pas les bêtes qui cherchent un maître… » (Jean Gabin dans Le Quai des brumes, de Marcel Carné, 1938).

[Dialogues de Jacques Prévert ; Adaptation du roman Le Quai des brumes de Pierre Mac Orlan, 1927]

[Jean Gabin : J’aime pas les bêtes qui cherchent un maître. J’aime pas les clebs, et eux non plus d’ailleurs.]

GabinQuaiDesBrumes

(Lire aussi l’article de Mon cinéma à moi à propos du film)

Norman Jewison

« They call me Mr. Tibbs ».

[Dans la chaleur de la nuit, In the Heat of the Night, de Norman Jewison, 1967 ; Scénario de Stirling Silliphant, d’après le roman de John Ball]

Continuer à lire … « Les répliques retenues par des réalisateurs (3) »

Les répliques retenues par des réalisateurs (2)

Deuxième partie d’une série consacrée, pour ma curiosité et la vôtre aussi je l’espère, aux répliques que les cinéastes interviewés par Télérama ont retenues au moment de la question : « Une réplique que vous connaissez par cœur, qui vous reste en tête ? ».

C-F

Patrice Chéreau

Celle de Michel Duchaussoy, à la fin de sa scène dans Persécution [Patrice Chéreau, 2009]. « Je n’aime pas être surpris. De moins en moins ». Ecrite par Anne-Louise Trividic. Je ne citerais jamais un dialogue que j’ai écrit moi-même. Ce sont souvent les premiers à tomber au montage. Souvent un peu trop « cheap », explicatifs.

Souleymane Cissé

En Russe « davaï », qui veut dire « Allons-y ! ». J’ai fait mes études de cinéma à Moscou pendant l’époque soviétique, et on l’entend dans plusieurs films, films de guerre ou de révolution. J’en ai toujours gardé l’écho : « Foncez ! ».

Pedro Costa

« Raus ! » [Dehors !], dans Chronique d’Anna Magdalena Bach, de Jean-Marie Straub [1968]. C’est le moment où on dit à Bach qu’il est mauvais et ce « Raus ! » est sa façon de donner congé à la société. C’est très fort.

[Scénario : Jean-Marie Straub et Danièle Huillet]

Joe Dante

« Don’t crowd me ! » (« Ne me harcelez pas ! »). C’est une réplique tirée de mon premier film, The Movie Orgy [1968] (réplique extraite de Speed Crazy, de William Hole, 1959, NDLR).

Jacques Doillon

« I don’t want to be sniffed, no ! » [dit Kleinman interprété par Woody Allen]. Dans Ombres et brouillard, de Woody Allen [1991], que j’ai découvert récemment et que j’ai trouvé très drôle.

[Scénario : Woody Allen, d’après sa pièce de théâtre Death, 1975]

Mr Spiro is on the verge of revealing the killer. – Mr Spiro wishes to sniff you. – Me? – Yes. – Well, how come? – lt’s enough he wishes it. – No! No, don’t let him do it. – Hey, wasn’t that woman booked on prostitution charges earlier tonight? – Come on, Kleinman. – I don’t wanna get sniffed. – Come on! – l don’t wanna be sniffed! No! – Stand still. – Go ahead, sniff away. This is crazy. Why should he sniff me? What is this man sniffing? lt’s probably cheese, cos tonight was the night I changed the traps in the bedroom. – Frightened? – l’m not frightened. – This is unfair. Kleinman, stand up for your rights! – l know what he’s sniffing. lt’s salad dressing. l spilled salad dressing on myself this evening. My landlady cooks for me, so she made me a nice salad with a little whitefish.

Continuer à lire … « Les répliques retenues par des réalisateurs (2) »